Etude sur la situation des enfants en âge d’aller à l’école et identification des enfants et adolescents hors du système éducatif dans le Lac Tchad

Termes de référence

Présentation de la mission

Intitulé de l’étude :Etude sur la situation des enfants en âge d’aller à l’école et identification des enfants et adolescents hors du système éducatif.
Programme Humanité & Inclusion :Tchad
Objectif de la mission :Réaliser une étude sur la situation des enfants en âge d’aller à l’école et identifier les enfants et adolescents hors du système éducatif dans 7 localités  dans les zones d’intervention des Départements de Mamdi et Kaya, Province du Lac Tchad  
Durée de la mission :4 semaines (incluant revue documentaire, mission sur terrain et rapportage)
Période de la mission Janvier/février 2020
Localisation de la mission :Tchad, Province du Lac Tchad, Départements de Mamdi et Kaya: 23 localités (comptant 15 écoles formelles, 9 écoles non formelles) et ville de Bol
Dernière mise à jour des termes de référence :15 décembre 2019
Auteur des termes de référence :Elie SABUWANKA, Chef de Projet Education Inclusive au Tchad
TdR validés par : Clovis BATTAGLIA, Coordinateur des Opérations d’HI au Tchad

Présentation du contexte :

2-1- Contexte

A cheval entre le Maghreb et l’Afrique noire, le Tchad est un pays continental avec un taux de croissance démographique annuelle estimé à 3,6%. Sa population avoisine 15,1 millions d’habitants[1] en 2018 dont 21,9% vit en milieu urbain. Les femmes représentent 50,7% de la population. Administrativement, il est organisé en 23 provinces et il reste un pays post conflit, exposé à des crises sécuritaires répétitives, dont la nébuleuse Boko Haram, avec ses corolaires de réfugiés et déplacés, et des catastrophes naturelles que sont la sécheresse prolongée, l’érosion éolienne et les inondations. Le Tchad présente des indicateurs sociaux très bas. Il occupe le 186ème rang sur 188 en termes d’indice de développement humain (IDH) en 2015, avec un indice de 0,39[2]. Selon une enquête menée par ECOSIT (Enquête sur la Consommation et le Secteur Informel au Tchad) en 2012, « moins de la moitié de la population tchadienne (46,7%) vit dans un état de pauvreté monétaire extrême au seuil journalier de dépenses de consommation égal à environ 625 francs CFA (1,25 USD), contre 55% en 2003, avec un écart considérable entre le milieu urbain et le milieu rural : 25% contre 59%.

En matière d’éducation, le français et l’arabe littéraire sont deux langues officielles utilisées par le système éducatif dans l’enseignement formel. Le pays compte plus de 120 langues nationales dont une quinzaine est utilisée dans l’enseignement non formel. Les indicateurs sont peu reluisants pour le Tchad : d’après le Rapport sur le secteur éducatif de 2017, moins d’un quart de la population adulte de 15 ans et plus (22%) est alphabétisée. Ce taux classe le Tchad parmi les pays les plus faibles du continent africain et du monde. Le taux général d’achèvement du primaire est de 45,05% en 2015-2016.

Cette situation est particulièrement préoccupante dans la province du Lac où le taux d’analphabétisme chez les 15 ans et plus est de 95,8%[3], et le pourcentage d’enfants en âge d’être scolarisés (6-14 ans) qui sont en dehors de l’école est de 62%[4]. L’analyse des Taux brut de scolarisation place le Lac comme l’une des plus faibles régions[5]. Le Lac a une des plus fortes proportions d’enfants hors scolarisation. Dans la zone d’intervention du projet, moins de 10% des enfants achève le cycle primaire. Les données en provenance de la Délégation Provinciale à l’Enseignement et à la Jeunesse du Lac font état d’un certain élan en termes d’amélioration du taux de scolarisation : la population scolaire est passée de 45.832 élèves (dont 16.990 filles) en 2016 à 86.676 élèves (dont 35.826 filles) en 2018, grâce aux efforts soutenus des autorités scolaires et des partenaires. Malgré cela, les enfants handicapés et les enfants ayant des besoins spécifiques sont peu visibles dans les écoles. Cela justifie le taux d’analphabétisme des membres de l’Association d’entraide des personnes handicapées du Lac : sur 158 membres que compte cette OPH, plus de 95% seraient analphabètes, d’après son Président.

L’UNESCO estime que moins de 10% des enfants handicapés ont accès à une éducation de qualité.  En dehors des initiatives ponctuelles portées par des centres spécialisés ou par des ONG comme Humanité & Inclusion, peu d’attention est portée sur l’éducation des enfants handicapés au Tchad. Par conséquent, il n’existe pas de statistiques officielles qui font état du degré de leur scolarisation dans les écoles au niveau national. Comme dans beaucoup d’autres pays, les enfants handicapés au Tchad vivent une situation de discrimination et d’exclusion, particulièrement en ce qui concerne leur accès à l’éducation. Le manque de sensibilisation des parents allié à l’extrême pauvreté des ménages constitue un des déterminants de la non-scolarisation des enfants handicapés ou de leur abandon scolaire, s’ajoutant au manque de soins médicaux ou d’aides techniques à la mobilité dans un contexte géographique sablonneux hostile.  En matière de scolarisation des enfants handicapés, les données partielles dont nous disposons sont en lien direct avec les interventions du Projet Education Inclusive d’HI dans la province du Lac Tchad. Le taux de scolarisation des EH est de 1% dans les écoles primaires formelles. Ce taux révèle que les enfants handicapés sont quasi invisibles dans les écoles primaires. Cette année, le Tchad est devenu pays membre de la Convention internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) grâce à un accompagnement fort d’HI aux OPH tchadiennes qui a permis de développer leur plaidoyer durant ces dernières années. Cette avancée devrait créer un contexte plus favorable à l’épanouissement des personnes handicapées et à la scolarisation de plus d’enfants et de jeunes handicapés.

2-2- Présentation du Programme Humanité & Inclusion Tchad :

HI est présent au Tchad de façon discontinue depuis les années 1990. HI intervient à N’Djamena et dans les provinces du Borkou (Nord), du Logone Occidental (Sud) et du Lac Tchad (Ouest). Les principaux secteurs d’intervention actuels et en lancement sont les suivants :

  • L’action contre les mines incluant les enquêtes non techniques et techniques, l’éducation aux risques, le déminage, la dépollution et l’utilisation de techniques innovantes au déminage ;
  • L’assistance aux victimes des mines, restes explosifs de guerre (REG) et engins explosifs improvisés (EEI), personnes handicapées et autres personnes vulnérables ;
  • La réadaptation physique ;
  • L’appui à des Organisations des Personnes Handicapées ;
  • L’éducation inclusive en partenariat avec l’ONG COOPI ;
  • L’insertion socio-économique des ménages les plus vulnérables notamment à travers le développement d’AGR et la formation professionnelle ;
  • Le développement local inclusif et l’appui à la solidarité communautaire.

Les projets HI mis en œuvre au Tchad sont actuellement financés par l’Union Européenne (ECHO et FFU), l’AFD, la Coopération suisse (DDC) et la Coopération belge (DGD).

La stratégie de HI dans le pays pour 2019-2021 est de poursuivre le développement du Programme à la fois en termes de réponses d’urgence mais aussi via des projets de développement, dans une logique de nexus permettant la superposition forte des approches selon les besoins du contexte, ceci en s’appuyant sur ses « cœurs de métier » (l’assistance aux personnes vulnérables dont les personnes handicapées, l’inclusion, l’action contre les mines, la réadaptation physique…) tout en étendant son panel de secteurs pour répondre aux besoins réels et en cherchant des solutions innovantes et pérennes pour le développement socio-économique des plus vulnérables au Tchad.

2-3- Présentation du projet :

TitreAccompagnement à la protection et à la scolarisation inclusive et de qualité des enfants déplacés et autochtones touchés par la crise du Lac Tchad.
Bailleur(s)ECHO
Dates de début/finECHO : 1er août 2018 – 31 décembre 2020

 

Zones d’interventionTchad: Province du Lac Tchad, Département de Mamdi (+ Kaya)
ObjectifsObjectif principal : Renforcer l’accès à une éducation inclusive de qualité (cf. ODD 4) dans un environnement sûr des enfants et adolescents en particulier les plus vulnérables, touchés par la crise du Lac Tchad.

Objectif spécifique : Améliorer durablement l’accès des garçons et des filles, en particulier les plus vulnérables (dont les enfants handicapés) à des opportunités d’apprentissage inclusives, sûres, de qualité, adaptées à leurs besoins, pertinentes et favorisant leur protection, dans un environnement assurant leur sécurité

physique et affective.

 

Résultats attendus[6] et activités RA1: Les enfants et adolescents – garçons et filles – en âge scolaire et en situation de vulnérabilité, dont les enfants handicapés, ont accès à une éducation inclusive de qualité.

A1 : Formation des formateurs sur la pédagogie, inclusion et approche personnalisée, dynamiques de genre.

 

A2 : Formation de formateurs (inspecteurs, conseillers pédagogiques, planificateurs) sur la didactique des mathématiques et français.

 

A3 : Formation de formateurs (DPEJ, DPAS, ENIB…) sur la réduction des risques de catastrophes (RRC/DRR) pour créer un environnement scolaire sûr et protecteur.

 

A4 : Dotation en matériel adapté pour toutes les écoles ciblées et matériel éducatif et pédagogique pour les écoles non soutenues.

A5 : Organisation d’activités ludiques scolaires et para scolaires inclusives (par ex. club langue de signe, théâtre inclusif, rencontres enfants à enfants).

 

A6 : Formation des enseignants sur l’accompagnement pédagogique des enfants sourds, malvoyants ou porteurs des déficiences intellectuelles légères.

 

A7 : Etude sur la situation des enfants en âge d’aller à l’école et, identification des enfants et adolescents hors du système éducatif.

 

A8 : Accompagnement personnalisé des enfants à besoins spécifiques y compris les enfants handicapés en vue de leur socialisation et de leur scolarisation (accès aux soins médicaux ou de réadaptation, accompagnement psychosocial et projet éducatif individuel).

 

A9 : Formation et redynamisation des APE et AME sur leurs rôles et responsabilités dans l’appui et supervision aux écoles.

 

A10 : Réalisation d’ateliers pour l’élaboration avec les élèves de la Charte de bonnes pratiques en classe (en lien avec l’inclusion, le respect mutuel Fille/garçon, …)

 

A11 : Distribution de kits de dignité et conseil d’utilisation aux filles et adolescentes.

 

RA2 : L’autonomie et la prise de décision des structures communautaires est améliorée et le renforcement des services techniques étatiques est assurée la pérennité de l’action.

 

 

Ce projet est mis en œuvre en consortium avec l’ONG COOPI.

Cette étude fait partie des activités du résultat 1 de ce projet. A minima, elle consistera à répondre à 3 questions :

  1. Qui sont les enfants hors de l’école, ou à risques de décrochage et combien sont-ils ?

Sur base d’une zone témoin représentative du territoire d’intervention du projet, l’étude doit permettre de disposer de statistiques précises sur le nombre d’enfants/adolescents en âge scolaire qui n’étudient pas, soit du fait de l’abandon scolaire, soit du fait qu’ils n’ont jamais été inscrits à l’école. Elle devra analyser les résultats obtenus en les comparant avec les données disponibles au niveau du projet COOPOI/HI, celles de la DPEJ et celles issues des projections en lien avec le recensement général de la population et de l’habitat de 2009. En combinant ces données chiffrées, cette première question doit guider la production d’un tableau descriptif chiffré du phénomène dans la province du Lac

Sera également abordé le phénomène de décrochage scolaire très présent dans la région et les risques de décrochage. L’analyse de ce phénomène permettra aux acteurs éducatifs de disposer d’un outil qui les guidera à  prévenir et juguler les situations de déscolarisation précoce,

  1. Pourquoi sont-ils hors de l’école ou à risque de quitter l’école?

L’identification des facteurs de non-scolarisation, de décrochage et d’exclusion sera conduite dans un souci de prendre en considération les multiples dimensions du phénomène. Cette étude devra donc identifier et analyser entre autres : les facteurs internes à l’école (exemples : bastonnade, absentéisme des enseignants, effectifs des élèves, classes multigrades….), les causes liées à l’environnement ou aux conditions de vie à l’école (rôle de la cantine scolaire, activités hors classes, présence ou manque de services de base comme les toilettes, l’eau à l’école…), les causes externes (comme les mariages précoces, la place des modèles dans le milieu, la disponibilité des écoles post primaires, l’accès à l’emploi, …).

  1. Comment sont gérés, ou non, les décrochages?

En raison du risque sérieux de fragilisation du système scolaire tchadien que représentent les cas de déscolarisation, l’étude se focalisera sur cette question, en l’explorant auprès de différents types d’acteurs correspondant à différents niveaux de gestion (familial, communautaire, local, national). Les différentes options d’apprentissage disponibles dans la zone d’intervention seront listées et analysées.

  • Présentation de l’étude :

3-1- Pourquoi mener cette étude :

La conduite de cette étude rentre dans le cadre des activités prévues par le projet dans son résultat 1. Il s’agit de mener une étude quantitative et qualitative sur la situation des enfants et adolescents hors du système éducatif, ceux à risques de décrochage ainsi que sur les différentes options d’apprentissage disponibles dans la zone d’intervention.

Pour le consortium HI/COOPI, cette étude permettra d’améliorer l’offre de l’éducation dans une optique de toucher le maximum d’enfants possibles dans la zone d’intervention du projet. Les résultats issus de cette étude seront partagés avec les autorités du Ministère de l’Education Nationale (niveaux déconcentré et central) et ses partenaires techniques et financiers et feront ainsi l’objet d’actions de plaidoyer pour la coordination des actions des intervenants dans l’accès et le maintien des enfants à l’école, et plus particulièrement les catégories d’enfants vulnérables, parmi lesquels les enfants handicapés ou ayant des besoins spécifiques.. Cette étude a donc une visée opérationnelle en même temps qu’elle a pour objet de mener du plaidoyer.

Les principaux bénéficiaires de cette étude seront donc les suivants :

  • Les autorités scolaires de la Délégation provinciale à l’enseignement et à la jeunesse du Lac Tchad ;
  • Les autorités centrales du Ministère de l’éducation nationale et de la promotion civique ;
  • Les principaux partenaires techniques et financiers du Ministère de l’éducation nationale (UNICEF, UNESCO, ONGs, UNHCR…) ;
  • Les enfants en général et les enfants handicapés et enfants à besoins spécifiques en particulier qui indirectement bénéficieront des mesures qui seront prises en leur faveur suite aux recommandations formulées par cette étude ;
  • Le consortium COOPI/HI qui disposera alors d’un important outil de capitalisation et de plaidoyer.

3-2- Objectifs de l’étude

  • Objectif général de l’étude :

Le non enrôlement de certains enfants dans le système scolaire formel, ou leur sortie (abandon, exclusion) précoce sont liés à divers facteurs dont notamment la pauvreté des ménages, la pertinence et l’adéquation de l’offre d’éducation. Mais jusqu’ici, le phénomène n’a pas été suffisamment étudié pour rendre compte de sa complexité. L’objectif principal de la présente étude est donc de mieux cerner et comprendre les situations de non-scolarisation, de déscolarisation et de risque de déscolarisation qui caractérisent le département de Mamdi de la Province du Lac Tchad.

  • Objectifs spécifiques :

À partir d’une démarche méthodologique qui sera proposée par le consultant, l’étude doit permettre :

  • D’identifier des acteurs, des processus et des facteurs déterminants dans le phénomène de non scolarisation, de déscolarisation ou de risque de déscolarisation des enfants en général et des enfants handicapés ou ayant des besoins spécifiques en particulier ;
  • D’analyser les différentes options d’apprentissage (leurs points forts et points faibles) actuellement disponibles dans la zone d’intervention du projet et dans la ville de Bol ;
  • De proposer, à partir des résultats obtenus et des analyses faites, des recommandations pour créer de meilleures conditions de scolarisation, de maintien des enfants à l’école et d’une diminution significative du nombre d’abandons scolaires.

3-3- Localisation :

Cette étude devra être conduite dans la Province du Lac Tchad, Département de Mamdi  dans les services et les localités d’intervention du projet (communautés, villages/sites, écoles formelles et non formelles, délégations provinciales à l’enseignement et à la jeunesse, à l’action sociale, à la santé du Lac Tchad).  L’étude sera menée dans 3 villages et 2 sites de personnes déplacées choisies à partir des localités suivantes :

  • villages autochtones (Bria, Kalali Dolé, Kokolom, , Mounday, Ngarangou, Sawa 2, Méléa, Iga,  Kaya, Yakoua, Mamdi) ;
  • sites de déplacés : Darkani, Kindjira, Kollom, Maar, Dabantchali, Méléa site, Iga site, Kaya site, Yakoua site.

La zone d’étude composée des 3 villages et de 2 sites est considérée comme une « zone témoin » qui permettra de faire une extrapolation au niveau de toute la zone d’intervention du projet au sein du département de Mamdi situé dans la Province du Lac. Cependant, en vue de mieux cerner le phénomène dans sa globalité pour le département, il s’avère pertinent de l’appréhender en milieu rural et en milieu (semi) urbain. Ainsi, l’étude devra également embrasser 2 quartiers de la ville de Bol situés dans la proximité de villages/sites d’intervention du projet. L’évaluation de la situation sécuritaire déterminera définitivement les localités qui seront visitées lors de la mission de terrain.

3-4- Population cible :

L’étude cible prioritairement les enfants, les parents/tuteurs, les enseignants et d’autres intervenants autour de l’enfant en vue de mieux comprendre les acteurs, les processus et les facteurs déterminants dans le phénomène de scolarisation, de non scolarisation ou de déscolarisation des enfants :

  • Autorités scolaires (directeurs d’écoles, inspecteurs et conseillers pédagogiques, DPEJ) ;
  • Enseignants des écoles formelles et non formelles ;
  • Enfants (filles/garçons) scolarisés et non scolarisés ;
  • Enfants handicapés scolarisés et non scolarisés (filles/garçons) parents d’enfants handicapés ou à besoins spécifiques (femmes/hommes) ;
  • Parents d’élèves membres d’Associations de Parents d’Elèves (APE) et Association de Mères d’élèves (AME) (hommes/femmes) ;
  • Membres de réseaux communautaires de protection (RECOP) ;
  • Animateurs des espaces amis de l’enfant ;
  • Relais communautaires ;
  • Points focaux inclusion ;
  • Chefs traditionnels (boulama) ;
  • Guides religieux (marabouts et maîtres des écoles coraniques).

3-5- Méthodologie :

Il  revient au consultant de proposer sa méthodologie de travail et de bien l’expliquer au moment de la rédaction de son offre technique. A minima, elle sera basée sur l’exploitation de données quantitatives secondaires (issues de projections du recensement national de la population et de l’habitat, de la DPEJ, des données disponibles chez COOPI/HI), des données quantitatives produites lors du dénombrement et de données  recueillies au moyen d’enquêtes de type qualitatif (sites et villages d’intervention du projet, quartiers proches de villages d’intervention). Les données recueillies seront complétées par des entretiens auprès des chefs de village, plus communément appelés « Boulama », des directeurs d’écoles, des enseignants, des relais communautaires, des points focaux inclusion, des APE et AME, des services de santé, des autorités scolaires, sociales et sanitaires de la zone, des guides religieux, des animateurs des espaces d’enfants, des enfants eux-mêmes (y compris des enfants handicapés) scolarisés et non scolarisés, etc. Cette analyse devra permettre de ressortir clairement les acteurs, les processus et les facteurs déterminants qui expliquent le phénomène de non scolarisation ou de déscolarisation des enfants. Pour cela, l’étude devra consulter les délégations provinciales en charge de l’Education et de l’Action sociale, pour mieux appréhender le phénomène dans la globalité de la Province.

L’étude permettra également d’établir  une liste  des services locaux qui offrent des options alternatives d’apprentissage aux enfants des niveaux primaire et post-primaire.

Une fois sélectionné, le consultant aura accès à toutes les études disponibles menées dans le cadre du projet (Baseline de 2016, Etude des bonnes pratiques, Perceptions du handicap, étude d’impact, Evaluation…) ;  il lui appartiendra de discuter avec les autorités provinciales de l’accès aux données du recensement national de la population et aux  statistiques scolaires disponibles au sein des différents services de la  DPEJ…

3-6- Éthique :

Le consultant s’engage à respecter la note d’orientation de Handicap International (Humanité & Inclusion) intitulée « Études et recherches à Handicap International : Pour une gestion éthique des données »[7].

La méthodologie doit respecter les huit recommandations préconisées par l’organisation :

  • Garantir la sécurité des participants, des partenaires et des équipes ;
  • Assurer une approche centrée sur la personne/ la communauté ;
  • Obtenir le consentement libre et éclairé des participants ;
  • Proposer des mécanismes de référencement ;
  • Assurer la sécurité des données personnelles et sensibles tout au long de l’activité ;
  • Planifier et garantir l’utilisation et le partage des informations ;
  • Assurer l’expertise des équipes impliquées et la validité scientifique de l’activité ;
  • Obtenir l’agrément des autorités pertinentes et prévoir une revue externe de la proposition.

3-7- Contraintes spécifiques liées à l’étude :

En vue de garantir le caractère éthique et la qualité professionnelle, la méthodologie proposée par le consultant sera analysée et validée par un comité interne HI composé du coordinateur des opérations, du chef de projet Education Inclusive et de la chargée de développement et appui programme  Tchad.

Ce comité devra également valider les outils de collecte des données  (questionnaires d’enquête si besoin,…), apporter des commentaires sur les rapports d’étapes  et valider les résultats obtenus et le rapport final. Il se réunira trois fois : lors du recrutement pour analyser et valider le protocole et la méthodologie, lors de la validation des outils de travail, et enfin lors de la validation des résultats. La réunion pourra se faire en présentiel ou par Skype

 

Présentation de la mission :

4-1- Objectif général du consultant en mission :

Le travail du consultant consiste à initier un projet de protocole pour l’étude, concevoir les outils de mise en œuvre de l’étude (exemple : formulaires d’enquête ou questionnaires…, y compris l’obtention du consentement des interlocuteurs ou des parents s’il s’agit d’enfants), la réalisation de l’étude (collecte, traitement et analyse des données ou des informations), l’exploitation des résultats de l’étude et la rédaction du rapport de l’étude.

4-2- Résultats attendus de la mission : livrables

  • Un protocole écrit est finalisé.

En collaboration avec le Chef de Projet Education Inclusive et le comité interne HI, un protocole est rédigé à partir de la proposition technique. Ce document fournit les éléments clés pour la mise en œuvre de l’étude et comporte à minima :

  • Une introduction décrivant le contexte de l’étude et l’intérêt de l’étude ;
  • Une présentation des objectifs précisant la population cible et la localisation ;
  • Une présentation du cadre méthodologique : conception de l’étude, sélection des participants, collecte, traitement et analyse des données, mécanismes de suivi de la qualité ;
  • Les responsabilités de l’expert ;
  • Le calendrier ;
  • Le budget ;
  • Les considérations d’ordre éthique ;
  • Un rapport de l’étude quantitative et qualitative sur la situation des enfants et adolescents hors du système éducatif ou à risques de décrochage ainsi que sur les différentes options d’apprentissage alternatif disponibles dans la zone d’intervention est produit dans les délais. L’étude quantitative devra ressortir sous forme de tableaux chiffrés accompagnés de représentations graphiques correspondantes. Les données brutes seront fournies comme des annexes faisant partie intégrante de livrables ;
  • Le rapport final contient des recommandations proposant aux acteurs éducatifs et à l’équipe du projet des actions prioritaires pour améliorer les conditions de scolarisation des enfants et limiter au mieux le phénomène d’abandons scolaires. Les recommandations seront présentées sous forme de tableau indiquant le destinataire de chaque recommandation, l’ordre de priorité de mise en œuvre et l’échéance proposée pour chaque action recommandée.

Actions suggérées :

  • Conception des outils de collecte et d’enregistrement des données ;
  • Collecte et traitement des données ;
  • Rencontre avec les parties prenantes à la mise en œuvre du projet, notamment : la Délégation provinciale à l’enseignement et à la jeunesse du Lac (DPEJ), la Délégation provinciale à la santé, la Délégation provinciale à l’action sociale, etc ;
  • Rencontre avec les enfants (filles/garçons, enfants handicapés ou à besoins spécifiques scolarisés et non scolarisés) et leurs parents, les enseignants, les structures communautaires (Association des parents d’élèves – APE/AME, Réseaux communautaires de protection – RECOP, relais communautaires, points focaux inclusion, etc.) ;
  • Analyse des résultats et production du rapport.

4-3- Livrables :                                      

 LivrablesBénéficiaires DiffusionÉchéances de remise des livrables
Documents techniques relatifs à la mise en œuvre de l’étude
1-Protocole définitif de la mission (format Word et PDF)HIInterneDébut de la mission
Rapports
2-2 rapports de la mission (format Word et PDF) :

– Le  rapport provisoire qui sera présenté en atelier de validation, après la mission de terrain ;

– Le rapport définitif intégrant les éléments issus de l’atelier de validation

HIInterne 

 

Après la mission de terrain

 

 

 

Fin de toute la mission

Le consultant accepte que HI puisse reproduire la proposition méthodologique et utiliser les outils mis au point pour la collecte de données dans des contextes ou des projets différents. Le consultant garantit la confidentialité de toutes les données recueillies et des livrables.

4-4- Calendrier et budget :

  • La mission est prévue pour une durée de 4 semaines incluant la revue documentaire et les activités de terrain. Le rendu du rapport final pourra se faire au plus tard le 28 février 2020 ;
  • Le budget qui sera présenté dans l’offre financière doit être conçu TTC et inclure les frais de transport de N’Djamena-Bol aller-retour, de per diem, frais d’hôtel à Bol, assurances, etc.

4-5- Formalités administratives :

Le contrat proposé sera un contrat de prestation de service conformément aux procédures HI. Le consultant est entièrement responsable de tous les coûts liés à la consultance (transport vers/de Bol, hôtel à Bol, , assurances, per diem, etc.), sauf pour le transport entre la base et la zone d’intervention du projet qui sera assuré par des véhicules HI :

  • 50% du montant total après signature du contrat ;
  • 50% du montant global à l’acceptation finale du rapport.

4-6- Mécanismes de communication et de suivi entre le consultant et HI :

Toute communication avant la mission passera par  Clovis  BATTAGLIA, Coordinateur Opérationnel d’HI au Tchad, à l’adresse : [email protected]

Lors de la mission sur terrain, le point focal pour toute communication sera Elie SABUWANKA, Chef de Projet Education Inclusive, à l’adresse : [email protected]

Profil recherché :

5-1  Profil recherché : La mission peut être réalisée par un expert appuyé par une équipe d’enquêteurs/agents de saisie, interprète en langues locales (kanembou/boudouma).

5-2   Expertise

REQUIS (Consultant principal) :

  • Formation supérieure (Bac + 5) dans le secteur de l’éducation, sciences sociales/ humaines, statistiques, développement ou autre domaine connexe ;
  • Une expérience minimale de 5 ans comme consultant évaluateur des projets d’éducation ;
  • Parfaite maîtrise du système éducatif tchadien ;
  • Excellent sens de l’organisation, de la gestion et de la planification ;
  • Excellente maîtrise du français (écrit et parlé) ;
  • Connaissance du contexte d’urgence ;
  • Maîtrise des standards INEE ;
  • Fortes compétences d’analyse, de synthèse et de rédaction (fournir une liste de publications);
  • Bonne capacité de reporting ;
  • Capacité à travailler en équipe et dans un contexte multiculturel ;
  • Respect des valeurs/missions HI

UTILE :

  • Précédente expérience en éducation (inclusive) et travail communautaire ;
  • Familiarité avec les programmes d’éducation inclusive ;
  • Expérience en gestion de projet ;
  • Connaissance du contexte culturel de l’intervention (Tchad) ;
  • Expérience dans la conduite d’études incluant des personnes handicapées ;
  • Capacité à travailler en collaboration avec des acteurs publics et communautaires.

 

Procédure de candidature :

Les candidatures doivent inclure :

Pour le consultant (ou équipe de consultants) :

  • Un curriculum vitae (formation, expérience dans les domaines susmentionnés, liste des principales publications) ;
  • 3 références sur des sujets similaires ;
  • Immatriculation en tant que travailleur indépendant ;
  • Preuve couverture médicale / Responsabilité civile.

Pour la proposition technique :

  • Une proposition méthodologique de réalisation de l’étude mettant au moins en évidence : la bonne compréhension des questions abordées dans l’étude et des termes de référence ; le contexte de l’étude ; la présentation des objectifs ; la localisation ; la population cible ; une présentation du cadre méthodologique ; la conception de l’étude, la sélection des participants, les mécanismes de collecte, de traitement et d’analyse des données; les considérations d’ordre éthique ;
  • Un calendrier précisant clairement les activités de mise en œuvre, d’exécution, de suivi et d’exploitation de l’étude ;
  • Une proposition financière indiquant les frais de consultance et les coûts opérationnels de l’étude (déplacements, hébergement, enquêteurs journaliers si nécessaire, rémunération des interprètes si nécessaire, logiciels…).

Veuillez adresser tous les documents requis avant le 31 janvier 2020 à Clovis  BATTAGLIA, Coordinateur des Opérations d’HI au Tchad, à l’adresse : [email protected] en précisant en objet du mail « évaluation initiale Bol »