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Secours Islamique France recherche un(e) consultant(e) pour une analyse de la situation et des besoins spécifiques des enfants vulnérables à Ndjamena, Tchad

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Date de clôture : dimanche 18 novembre 2018

Secours Islamique France recherche un(e) consultant(e) pour une analyse de la situation et des besoins spécifiques des enfants vulnérables à Ndjamena, Tchad

Organisation : Secours Islamique France
Closing date18 Nov 2018

Contexte et justification

Contexte global

Depuis plusieurs années, le Tchad est touché par une crise sécuritaire, politique, alimentaire et humanitaire sans précédent. Selon le bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), quatre crises majeures affectent directement 3,9 millions de personnes au Tchad. Les mouvements de population, les épidémies et les catastrophes naturelles sont interconnectées et affectent souvent les mêmes populations de façon combinée, contribuant à exacerber les besoins humanitaires. Ces facteurs amplifient les vulnérabilités existantes dans un contexte de pauvreté et de sous-développement.

 

Situation des enfants

Dans la capitale Ndjamena, la situation est également difficile pour un grand nombre de personnes, mais l’absence d’acteurs et d’interventions humanitaires et le peu de visibilité des projets de développement sur le terrain a aussi pour conséquence le manque d’informations et d’études fiables sur leur situation. Il est toutefois certain que ce contexte globalement détérioré contribue à amplifier la vulnérabilité de certains groupes d’enfants.

Un de ces groupes est constitué d’enfants mouhadjirin, que leur famille envoie dans la capitale pour étudier le Coran. Comme ils ne sont pas ou peu pris en charge par les écoles, ils vivent de mendicité et sont souvent exploités par leurs maîtres. Ils viennent donc grossir les rangs des enfants des rues, et s’ils ne sont pas seuls dans cette situation, leur situation d’éloignement familial et d’isolement les rend particulièrement vulnérables.

Par ailleurs, la pauvreté dans l’ensemble du pays, et particulièrement en milieux rural, pousse certaines familles à envoyer leurs enfants travailler dans la capitale en tant que domestiques. Connus sous le nom de « fonctionnaires de la rue des 40 », ces enfants, parfois dès 12 ans, viennent ainsi travailler pour des familles plus aisées où ils sont exposés à toutes sortes de violences, de la part de leurs « employeurs » mais aussi entre eux. Beaucoup de jeunes filles sont ainsi victimes de grossesses précoces et non désirées. A ce jour, aucune réglementation tchadienne ne protège efficacement ces enfants. Le Tchad a ratifié la Convention relative aux Droits de l’Enfant et la Charte Africaine pour le bien-être de l’enfant, mais leur application pose problèmes. La plus grande partie de la population tchadienne ne respecte pas les Droits de l’Enfant (Cf. Le rapport au sujet du travail des enfants tchadiens).

Le Tchad est aussi un pays où 68% des filles sont mariées avant 18 ans et 28% avant 15 ans, et ce malgré l’adoption en 2015 d’une loi fixant l’âge minimum pour le mariage à 18 ans. Cela entraîne des taux de maternité précoce élevés.

L’accès à l’éducation reste par ailleurs difficile. Si plus de 80% des enfants sont scolarisés au primaire, seulement 35% achèvent cette partie de leurs études et moins encore poursuivent dans le secondaire. De plus, la forte pression démographique a pour conséquence que de plus en plus d’enfants sont scolarisables chaque année, ce qui pourrait entraver le fonctionnement du système éducatif.

 

Les interventions du SIF dans la sous-région

Dans la sous-région, le Secours Islamique France (SIF) met en œuvre des projets de protection et de soutien à l’éducation formelle (cadre scolaire) ou non-formelle (soutien psychosocial et parascolaire) en s’adaptant aux modèles socioculturels du pays. Les programmes ciblent des enfants particulièrement vulnérables du fait d’un contexte de crise ou de marginalisation, dans des régions parfois difficiles d’accès. Au Tchad depuis 2008, le SIF mène actuellement des actions en Eau-Hygiène-Assainissement et en Sécurité Alimentaire dans le Sud du pays.

 

Justification du diagnostic

Conscient des vulnérabilités accrues auxquelles sont exposées certains groupes d’enfants en milieu urbain, le SIF souhaite développer des projets en faveur de l’enfance à Ndjamena, en utilisant son expertise globale dans la thématique enfance. Le SIF ayant déjà des expériences réussies auprès des enfants orphelins et talibés au Sénégal et au Mali, l’introduction de la thématique enfance au Tchad est pertinente. Ainsi, une première approche a été menée en 2017 quand la mission Tchad est entrée en contact avec des centres de prise en charge des enfants vulnérables lors de l’une des ses distributions des vivres dans le cadre des projets saisonniers.

Afin de bien cibler l’intervention sur la thématique enfance au Tchad, le SIF souhaite analyser en profondeur la situation des groupes d’enfants vulnérables, pour identifier les priorités locales, en alignement avec les priorités nationales, et définir les perspectives stratégiques qui devront guider la mise en œuvre de nouveaux projets. A cet égard, une analyse des besoins des enfants constitue un préalable indispensable.

Objectifs :

L’analyse a pour objectif général de permettre au SIF de disposer d’un diagnostic analytique sur la situation des enfants à Ndjamena. L’analyse servira de base à la programmation de projets – et éventuellement au plaidoyer au niveau national pour améliorer de façon équitable et durable les conditions de vie des enfants.

Plus spécifiquement, il s’agira d’améliorer la compréhension du SIF sur les questions relatives aux conditions de vie des enfants dans la capitale ainsi que les causes des insuffisances observées, des inégalités dans la jouissance de leurs droits, en veillant à une analyse désagrégée selon le sexe, les tranches d’âge, les zones, le milieu de résidence et autant que possible, la situation économique.

L’étude se concentrera sur trois catégories d’enfants particulièrement vulnérables : les mouhadjirin (enfants talibés) en situation de rue, les enfants travailleurs domestiques et les orphelins[1] vivant dans des familles (en dehors des institutions).

A ce titre, les questions suivantes seront explorées :

i) Généralités sur les tendances actuelles de la situation des enfants mouhadjirin, travailleurs domestiques et les orphelins de 0-18 ans (état des lieux) :

  1. Quelle est la situation des filles et des garçons par rapport au respect de leurs droits et quels sont les problèmes majeurs auxquels ils sont confrontés à Ndjamena ?
  2. Quels sont les enfants les plus démunis/vulnérables? Où se trouvent-ils? Comment vivent-ils?
  3. Quel accès ces enfants ont-ils à l’éducation formelle et non formelle à Ndjamena ? Quels sont les principaux freins pour l’accès à l’éducation ?
  4. A quelles formes de dénuement et d’exclusion font-ils face? Montrer les disparités par sexe, âge, capacité physique, niveau de vie et résidence géographique.

ii) Principaux facteurs et causes de vulnérabilité des enfants mouhadjirin, travailleurs domestiques et les orphelins de 0-18 ans :

  1. Analyse des causes de vulnérabilité : Quels sont les principaux facteurs qui causent ces vulnérabilités et affectent les conditions de vie des groupes d’enfants ci-haut cités? Quelle analyse peut-on faire de ces facteurs ?
  2. Profil de vulnérabilité : Quelle est l’ampleur et l’évolution du problème dans le temps (sur les 5 dernières années). Et en fonction des différents groupes d’enfants ?

iii) Problématique des écoles coraniques à Ndjamena :

  1. Quels types « d’écoles coraniques » existe-t-il au Tchad (internat, externat, mixte, avec mendicité, sans mendicité) ? Quelles sont leurs principales caractéristiques ? Où sont-elles localisées ? Qui les gère ? Par quels moyens sont-elles financées ? Qui les contrôle ?
  2. Quels sont les engagements de ces écoles vis-à-vis de leurs élèves et ses parents ?
  3. Qui sont leurs élèves ? D’où viennent-ils ? Pour combien de temps ? Combien repartent chez eux ? Qu’espèrent-ils et leurs parents à l’issue de leur parcours au sein d’une école coranique ? Quelles sont leurs réelles conditions de vie ?
  4. Quelles sont les mécanismes de régulations ? Traditionnels ? Institutionnels ? Structures de gouvernance ?

iv) Analyse de la domesticité à Ndjamena :

  1. Quel est le nombre estimé de ces enfants ? Qui emploie les « enfants domestiques » ? A partir de quel âge ? Quelles sont les régulations et contrôles de ces emplois ? Quelle rémunération est payée pour ce travail et à qui ? Quel est l’emploi du temps de ces enfants ? Une scolarisation de ces enfants est-elle possible ?
  2. Qui envoie ses enfants comme domestiques et pourquoi ? Qui les place ? Quelle est la marge de décision des enfants sur leur avenir?
  3. Quelle régulation existe? Quels mécanismes traditionnels régissent cette forme de travail ? Quels mécanismes institutionnels ?

v) Analyse de la situation des orphelins à Ndjamena

  1. Quel est le nombre estimé de ces enfants ? Avec qui vivent-ils ? Où vivent-ils ?
  2. Est-ce qu’ils ou leurs tuteurs font face à des défis particuliers afin d’accéder à leurs droits ?
  3. Quels mécanismes d’appui (de l’état, communautaires, traditionnels) existent pour ces enfants et leurs tuteurs?

vi) Analyse des opportunités d’action pour l’ONG

  1. Réponse des ONG et agences internationales en protection et éducation : Quelles sont les stratégies d’intervention et réponse en cours ou à venir sur les groupes cibles d’enfants précités? Quelle est la couverture géographique de ces acteurs ? Quelles sont leurs modalités d’intervention ? (Appui direct, plaidoyer, travail en réseau, collaboration avec les acteurs étatiques, appui sur les associations de base, etc.)
  2. Quels sont les besoins encore à couvrir ?
  3. Quelles sont les politiques nationales en lien avec ces groupes cibles d’enfants, comment est-ce qu’elles sont appliquées ?
  4. Comment est-ce que le SIF peut s’inscrire sur cette thématique à N’Djamena ? Quelle cible parmi les trois groupes est la plus prioritaire ? Quelles stratégies opérationnelles peuvent être mises en place sur chacun de ces groupes ?

Produits attendus

Un rapport de démarrage est approuvé. Le rapport de démarrage consistera en une revue documentaire, un plan détaillé de collecte des données (primaires et secondaires), la méthodologie et les thèmes prioritaires d’analyse, les outils de collecte des données (questionnaires, guide d’entretiens, etc.) et le calendrier de la phase terrain.

Une collecte des données sur le terrain est organisée en s’appuyant sur la méthodologie et outils validés.

Une restitution des principales conclusions de l’analyse à l’équipe de coordination à Ndjamena est tenue. Une séance de 3-4 heures est attendue pour laquelle une présentation power point/prezi est à élaborer pour soutenir la restitution. La restitution doit inclure des recommandations pour les interventions sur les différentes catégories d’enfants (mouhadjirin, travailleurs domestiques ou orphelins) et les propositions d’interventions possibles pour les futurs programmes. Celles-ci seront validées par le SIF avant l’écriture des concept notes.

Une première version du rapport est soumise au SIF pour des commentaires et questions complémentaires.

Le rapport final avec un résumé exécutif de 3 pages environ est disponible au plus tard deux semaines après la fin de l’évaluation. Le rapport final doit contenir les sections suivantes :

  • Le contexte du diagnostic ;
  • Un résumé de la revue bibliographique ;
  • Les objectifs et la méthodologie détaillée de l’analyse ;
  • Les résultats détaillés de l’analyse en adressant les questions du demandeur fournies dans la section II de ces TdR ;
  • Les perspectives et les recommandations spécifiques émises par le consultant pour chaque groupe cible ;
  • Des annexes qui reprendront le réalisé de la mission, les différentes visites effectuées et des comptes rendus succincts des rencontres avec les différentes parties prenantes, outils de collecte de données utilisées, etc ;
  • Le rapport ne doit pas dépasser 50 pages hors annexes ;
  • Deux concept notes de proposition de projets pertinents à mettre en œuvre pour les catégories d’enfants retenues dans les prochaines années sont disponibles deux semaines après la réception du rapport final.

Toutes les données collectées lors de l’évaluation devront être soumises au SIF sous format électronique/modifiable (CR des rencontres, base de données brutes, etc.).

Orientations méthodologiques :

La conduite de l’analyse de la situation devra être faite de façon participative en impliquant l’ensemble des parties prenantes : l’équipe du SIF, les communautés (leaders d’opinion, populations, autorités traditionnelles, etc.), les enfants et les femmes, les services de l’Etat, les partenaires du gouvernement, la société civile, les agences du Système des Nations Unies.

Si elles sont disponibles, les données statistiques présentées seront désagrégées, dans la mesure du possible, selon l’activité économique des parents, le sexe, et l’âge de l’enfant. Il convient d’identifier les problèmes qui existent, là où ils se produisent, quels sont les groupes de populations les plus touchés/affectés par ces problèmes, l’ampleur quantitative et qualitative de ces problèmes, et quels sont les mécanismes existants ou qui font défaut pour résoudre ces problèmes. Un accent particulier devrait ainsi être mis sur l’identification des groupes de populations les plus vulnérables dans la ville.

Les grandes étapes qui vont marquer le processus de cette analyse sont :

  1. Une revue bibliographique (recensement des textes existants et analyse de leur application) et des données secondaires ;
  2. Identification des gaps d’information ;
  3. Elaboration de la méthodologie détaillée du diagnostic et d’outils de collecte des données (adaptation au contexte local et pré-test à prévoir) ;
  4. Identification et analyse des parties prenantes ;
  5. Collecte des données sur le terrain ;
  6. Analyses des données ;
  7. Restitution, rédaction du rapport et de deux concept notes.

Gestion et organisation :

La mission sera menée sous la supervision générale du Coordinateur des programmes.

Lieu de la mission : Ndjamena, Tchad

Durée estimée de la mission : 1.5 mois (signature du contrat en décembre, démarrage en janvier)

Moyens logistiques : Le consultant prendra à ses propres frais ses déplacements internationaux et les frais de visa le cas échéant. Les frais d’assurance seront aussi à la charge du consultant. Il fournira également le matériel informatique nécessaire à l’exécution de sa prestation. Les frais de perdiem pendant le déplacement sur le terrain ainsi que les déplacements et hébergement à Ndjamena doivent être inclus dans la proposition financière[2].

Compétences requises :

Le Consultant sera responsable de la sélection, du recrutement et de la gestion technique et financière des ressources humaines locales qu’il jugera nécessaires de mobiliser pour l’appuyer dans la réalisation et la réussite de cette mission (à valider au préalable avec le SIF).

Le consultant principal international doit :

  1. Avoir un diplôme universitaire master ou équivalent en sciences humaines ou sociales ;
  2. Etre un spécialiste des Sciences Sociales et des Problèmes de développement, en particulier pour les domaines de l’étude (enfance) ;
  3. Avoir une expérience avérée d’au moins 5 ans dans la conduite d’analyses de même type ainsi que dans la formulation et conception des programmes de développement dans le domaine enfance vulnérable/éducation ;
  4. Avoir une capacité de travail en équipe et de coordination des travaux ;
  5. Avoir une bonne capacité dans la facilitation et l’animation d’ateliers ;
  6. Avoir une excellente capacité rédactionnelle et de synthèse ;
  7. Posséder une parfaite maîtrise de l’outil informatique ;
  8. Avoir la maîtrise du Français.

[1] Par orphelin, nous comprenons l’enfant qui a perdu un ou deux de ses parents ou l’enfant dont l’endroit de séjour d’un ou deux de ses parents est inconnu.

[2] Le SIF peut faciliter l’identification d’un hôtel et une voiture de location / taxi à la demande du consultant.

How to apply :

Pour démontrer leurs qualifications, les candidat(e)s devront soumettre une offre qui comprendra les documents suivants :

Une proposition technique qui comprend :

  • Une note de compréhension des TdR et de présentation de la méthodologie proposée. Les propositions techniques doivent inclure les questions d’analyse clés, le calendrier (tableau chronologique) proposé pour le diagnostic ainsi que la manière dont les parties prenantes seront identifiées et impliquées. (5 pages max.)
  • Le CV détaillé de la personne proposée pour réaliser l’analyse, comprenant au moins 3 références professionnelles et mettant en lumière les expériences similaires du consultant et les études similaires déjà réalisées (des exemples de rapports similaires seraient appréciés) ;

· Une proposition financière comportant le budget global (Hors Taxe et Toutes Taxes Comprises) en FCFA, signée par le candidat. Elle devra comprendre l’ensemble des coûts liés à sa prestation : les honoraires du consultant, le per diem, les visas et les frais de transport (national et international s’il y a lieu), les assurances et l’hébergement pendant la phase terrain. Les modalités financières seront précisées lors de la signature du contrat.

Les offres devront être envoyées au SIF, au plus tard le 18/11/2018 à 20h (heure française) par email aux adresses suivantes : [email protected] et [email protected].

 

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